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Diffuser chez soi : les bons réflexes

Parfumer une pièce avec quelques gouttes d'huile essentielle est un plaisir simple. C'est aussi une façon d'ajouter des composés volatils dans l'air que l'on respire. Quelques réflexes permettent de profiter des senteurs sans dégrader la qualité de l'air intérieur.

Les huiles essentielles sont des produits concentrés. Au moindre doute, demandez conseil à un pharmacien ou à votre médecin.

Ce qui se passe quand on diffuse

Une huile essentielle est faite de molécules volatiles : elles s'évaporent facilement, et c'est pour cela qu'on les sent. En les diffusant, vous les dispersez dans l'air de la pièce sous forme de vapeur ou de micro-gouttelettes. Une partie se dépose sur les surfaces, une partie est respirée, une partie réagit avec d'autres composés de l'air, notamment l'ozone, pour former de nouvelles substances.

L'Anses, l'agence de sécurité sanitaire, a étudié ces produits et rappelle qu'ils constituent une source de composés organiques volatils, au même titre que les bougies parfumées, l'encens ou certains produits ménagers. Les cas signalés aux centres antipoison font surtout état d'irritations des yeux, du nez et de la gorge, ou de gênes respiratoires. Rien d'alarmant pour un usage raisonnable, mais assez pour inviter à la mesure.

Les différents types de diffuseurs

La nébulisation

Le diffuseur à nébulisation projette l'huile pure, sans eau ni chaleur, à l'aide d'un petit compresseur et d'une verrerie. Il produit un brouillard très fin et une diffusion intense. C'est le plus puissant : quelques minutes suffisent largement. Il convient mal aux petites pièces et demande un nettoyage régulier de la verrerie.

Les ultrasons

Le diffuseur à ultrasons fait vibrer une membrane sous une réserve d'eau dans laquelle on ajoute quelques gouttes d'huile. Il dégage une brume légère et humidifie un peu l'air. Sa diffusion est plus douce. Attention à l'eau stagnante : videz, rincez et séchez le réservoir après chaque usage, sans quoi des micro-organismes peuvent s'y développer.

La chaleur douce

Les diffuseurs à chaleur douce chauffent légèrement l'huile, déposée sur une coupelle, sans jamais la faire brûler. Leur diffusion est discrète. On évite en revanche les brûle-parfums à bougie, qui portent l'huile à des températures trop élevées et en altèrent la composition, tout en ajoutant la fumée de la bougie.

Les solutions passives

Un galet de terre cuite, une pierre poreuse ou un simple mouchoir sur lequel on dépose une goutte diffusent très peu. Pour qui souhaite seulement une note olfactive discrète sur un bureau, c'est souvent suffisant. Pensez aussi aux senteurs du quotidien : une écorce d'orange qui sèche sur un radiateur, un bouquet d'herbes fraîches.

Des durées courtes, puis on aère

C'est la règle la plus utile, et la plus souvent oubliée. Une diffusion continue n'apporte rien de plus : le nez s'habitue en quelques minutes et vous ne sentez plus l'odeur, alors que les molécules continuent de s'accumuler.

  • Diffusez par séances de dix à quinze minutes au maximum, une à trois fois par jour.
  • Préférez une pièce assez grande, porte ouverte.
  • Ne laissez pas tourner un diffuseur pendant la nuit dans une chambre.
  • Après la séance, ouvrez grand la fenêtre quelques minutes.
  • Respectez les quantités prévues par la notice du diffuseur et l'étiquette du flacon.

N'utilisez que des huiles dont l'étiquette mentionne la possibilité d'un usage en diffusion. Certaines, très irritantes ou riches en molécules sensibles, ne s'y prêtent pas. Notre article sur ce qu'est vraiment une huile essentielle explique comment lire une étiquette : nom latin, chémotype, partie distillée.

Bébés, enfants, femmes enceintes et animaux

Certaines personnes sont plus sensibles que d'autres aux composés diffusés dans l'air. Évitez de diffuser en présence d'un bébé ou d'un jeune enfant, et jamais dans sa chambre. Les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes asthmatiques, allergiques ou épileptiques demanderont d'abord l'avis de leur médecin.

Les animaux de compagnie méritent la même attention. Les chats et les oiseaux sont particulièrement vulnérables. Si vous diffusez, faites-le dans une pièce où l'animal n'est pas, et laissez toujours une porte ouverte pour qu'il puisse s'éloigner. Toutes ces précautions sont détaillées dans notre guide sur la sécurité d'emploi des huiles essentielles.

Et bien sûr, une fois la séance terminée, le flacon retourne en hauteur, dans un placard fermé, hors de portée des enfants.

L'air intérieur, d'abord une affaire d'aération

Nous passons la plus grande partie de notre temps à l'intérieur, où l'air est souvent plus chargé en polluants qu'à l'extérieur : produits d'entretien, meubles neufs, cuisson, tabac, humidité. Un parfum d'ambiance ne nettoie pas cet air, il s'y ajoute. Les sprays présentés comme « assainissants » ne font pas exception.

Les autorités sanitaires rappellent quelques gestes simples, que l'on trouve sur la page du ministère consacrée à la qualité de l'air intérieur :

  • ouvrir les fenêtres en grand cinq à dix minutes chaque jour, été comme hiver ;
  • aérer davantage après le ménage, la douche, la cuisine ou des travaux ;
  • ne jamais boucher les entrées d'air ni couper la ventilation mécanique ;
  • limiter les sources de pollution, dont les bougies, l'encens et les désodorisants.

Diffuser une huile essentielle peut trouver sa place dans cette maison bien aérée, comme un moment choisi plutôt qu'un fond permanent. Une séance courte avant de lire, un parfum d'agrume le temps de ranger la cuisine, puis la fenêtre ouverte sur l'air du dehors. L'odeur n'en devient que plus présente.

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